
COMMUNAUTÉS ET GESTION DE LA FAUNE - LES DÉFIS
Qu’est-ce que les communautés locales ont à voir avec la gestion de la faune? Eh bien, il n'y a que deux façons de gérer la faune en Afrique (et probablement dans beaucoup d'autres parties du monde): contre les communautés locales (lutte anti-braconnage, application stricte de la loi, politique de zéro-tolérance, déplacement de populations humaines, etc.), ou avec les communautés locales.
La gestion de la faune contre les communautés locales est rendue nécessaire par le simple fait que bon nombre des populations les plus pauvres vivent à la frontière de Parc Nationaux, de Réserves Naturelles ou de concessions de chasse.
Ces communautés ne retirent pratiquement aucun bénéfice des animaux vivant sur ce qui était leurs terres ancestrales, animaux qui maintenant pillent leurs maigres champs - se gorgeant chaque fois qu'ils en ont l'opportunité.
Affamés, leurs récoltes endommagées par les animaux sauvages, leur bétail tué par des prédateurs, leurs amis ou voisins blessés ou tués par des éléphants, des léopards, lions, hippopotames, buffles ou autres, les villageois font ce que tout le monde ferait à leur place: ils tuent les animaux sauvages. N'importe lesquels, chaque fois qu'ils le peuvent, pour les manger ou pour les empêcher de dévorer leurs récoltes ou leur bétail - ou leurs enfants.
Pour être en mesure de travailler avec les communautés locales pour la gestion de la faune, ces collectivités doivent changer leur perception des animaux sauvages.
Et la seule façon dont les êtres humains changent d'une façon positive leur perception d’un sujet donné, c'est lorsque les avantages découlant de la VALEUR du sujet changent.
Nous ne croyons pas aux aumônes comme outil de développement. Pendant des décennies, toutes sortes d’organisations publiques et privées ont injecté des milliards de dollars en Afrique sous l’étiquette “Aide”, avec un résultat plus ou moins égal à la racine carrée de zéro.
Par contre, si vous donnez aux communautés locales une juste valeur pour les ressources qu'elles ont, vous leur donnez également les moyens d'obtenir ce dont elles ont besoin grâce à cet outil très simple: le commerce.
Comme nous l'expliquons dans notre page "Conservation", la faune est une ressource naturelle.
Donnez-lui une valeur et payez cette valeur à ses propriétaires légitimes - le gens sur les terres de qui les animaux vivent - et vous transformez en un instant les braconniers de subsistance en les meilleurs gardiens de la faune qu'il y ait.
Aidez les communautés à se débarrasser des quelques animaux qui posent une réelle menace, donnez-leur un juste revenu sur les visiteurs ou sur les animaux chassés, et les chèvres ou le sorgho mangés de temps en temps seront remboursés dix fois.
Au lieu de tuer les animaux, les villageois les protégeront: parce qu'ils retirent plus d'avantages en ayant des animaux sauvages sur leurs terres, qu'en les éliminant.
Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous avez entendu parler des vaches comme étant une espèce en voie de disparition?
Combien de millions de vaches sont tuées chaque jour?
Pourtant, il ya toujours de nouvelles vaches pour remplacer celles qui sont abattues. Tout simplement parce qu'elles ont une valeur, et qu'élever du bétail est une entreprise qui rapporte.
Maintenant, si le bétail n'appartenait à personne, s'il était interdit de posséder, d'acheter ou de vendre une vache, si aucun revenu ne pouvait en être tiré, y aurait-il encore des pâturages mis de côté pour les vaches? Est-ce que l'on se soucierait de leur santé? Accepterait-on d'avoir des vaches errantes mâchonnant nos pelouses ou s'empiffrant dans nos champs de maïs? Combien de temps se passerait-il avant que nous ne mangions la dernière?
Réfléchissez-y!
Qu'entend-on nous par “Gestion de la Faune en tant que ressource naturelle communautaire”?
Tout simplement cela: la faune est une ressource, elle doit être gérée afin de prospérer, et notre travail est de nous occuper de cette gestion avec les communautés locales.
