CONSERVATION DE LA FAUNE

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L'un des sujets les plus mal compris, quand il s'agit de la faune, du tourisme, des parcs nationaux, des réserves naturelles, etc., est celui de la conservation de la faune. Peu de gens savent que ceci touche à tous les aspects de notre vie, et pas seulement à l'existence d'une espèce de singe menacée, d'oiseaux, d'insectes, ou de mammifères dans un lointain pays au nom exotique.

Il est difficile de couvrir un sujet aussi vaste en quelques paragraphes. Nous avons 30 ou 40 livres sur le sujet, et le plus court, le plus clair et le plus condensé d'entre eux a tout de même 120 pages!

Commençons par le début ... Nous nous limiterons aux définitions générales, sans entrer dans des tonnes de détails, pour nous en tenir aux principes. Nous nous concentrerons sur les "formes supérieures de vie", comme les animaux et les plantes.



Sur Terre, la vie comporte des plantes et des animaux.

Les plantes tirent leur énergie du soleil et leurs éléments nutritifs du sol. Elles ont besoin d'eau pour faire cela et pour rester en vie.

Les animaux tirent leur énergie et leurs éléments nutritifs des plantes, d’autres animaux, ou des deux. Ils ont également besoin d'eau pour fonctionner et rester en vie.

Donc, pour avoir des plantes, il faut du soleil, un sol convenable et suffisamment d'eau.

Pour avoir des animaux herbivores, il faut des plantes et suffisamment d'eau.

Pour avoir des animaux carnivores, il faut des animaux herbivores et suffisamment d'eau.

Si le sol n'est pas adapté à la vie végétale, il n'y a pas de plantes, donc pas d'animaux.

Par conséquent, les conditions du sol, de l'érosion, de l'eau, etc. sont indispensables à toute vie, et la présence de plantes et d'eau en quantité suffisante et appropriée est essentielle à la vie animale. Vous ne pouvez pas gérer la faune sans tenir compte de la végétation, de l'eau, du sol et de l'environnement en général.

Les poissons aussi comptent sur des plantes ou sur d'autres poissons pour vivre, et la qualité de l'eau et de l'environnement dans les rivières, les lacs et les océans, est influencée par ce qui se passe sur la terre ferme.

Sur Terre, il ya maintenant quelque 6 milliards d'êtres humains vivants et faisant leur possible pour le rester. Pour vivre, ils ont besoin d'éléments nutritifs provenant de sources animales et végétales. Afin d'obtenir les millions de tonnes de nourriture quotidienne qui leurs sont nécessaires, les hommes doivent cultiver des plantes et élever des animaux, puisque le produit de la terre en conditions naturelles serait tout à fait insuffisant, même pour une population humaine largement inférieure à ce qu'elle est actuellement.

De plus, les êtres humains passent beaucoup de temps à faire des choses comme lire, construire, étudier, devenir médecins, avocats, marins, musiciens, peintres, et ainsi de suite, et ils ne peuvent pas faire la cueillette dans la nature s'ils veulent poursuivre leurs activités humaines si intéressantes.

La culture et l'élevage pour l'alimentation et nos autres besoins nécessitent d'énormes étendues. Sur ces terres agricoles, les animaux et les plantes sauvages ne sont pas les bienvenus, car nous n'apprécions pas vraiment de voir nos récoltes mangées par les chevreuils, les sangliers, les buffles, les oiseaux, les locustes ou autres animaux, ou de voir nos champs envahis par des buissons, de la mauvaise herbe ou des arbres qui n'ont rien à y faire.

Ainsi, les étendues de terres dites "sauvages" sont, en fait, divisées en des milliers et des milliers d'îles “sauvages” flottant sur un océan de terres habitées ou cultivées par l'homme. Ces îles peuvent être grandes, énormes, petites ou minuscules, mais ce sont néanmoins des îles, des systèmes plus ou moins fermés, dans lesquels les échanges avec d'autres écosystèmes sont limités.

Maintenant, ce qui se passe dans un écosystème fermé laissé à lui-même n'est pas ce que la plupart des gens croit, à savoir "la Nature trouve son équilibre". La nature n'est pas une personne ou une entité douée de raison, et les choses peuvent mal tourner, d'une façon étonnamment rapide.

Prenons un écosystème hypothétique, par exemple une réserve naturelle de 1000 km2 entourée par des zones cultivées et contenant des populations d'animaux différents.

Les populations animales dans la réserve ont été soigneusement entretenues, celles en voie de disparition ont été protégées et suivies, les espèces éteintes ont été réintroduites, et le nombre d'animaux est en hausse.

Il est évident que, sur une quantité finie de terre, vous ne pouvez avoir qu'une quantité finie de plantes. Une quantité finie de plantes ne peut nourrir qu'une quantité finie d'animaux. Mais le hic, dans la nature à l'état sauvage, et en Afrique en particulier, où vous avez généralement une saison des pluies (avec des pluies abondantes) et une saison sèche (pas de pluie du tout pendant plusieurs mois), est que le nombre maximum d'animaux que vous pouvez nourrir durablement sur une surface donnée est déterminé par la situation au pire de la période de sècheresse. Peu importe que les prairies soient vertes et grasses, que les rivières coulent et que les buissons soient appétissants durant la bonne saison. La seule chose qui compte, c'est la nourriture et l'eau disponibles au pire de la saison sèche.

«Durablement» est un mot très important. Cela signifie que les animaux ne mangent pas plus que ce qui peut repousser saison après saison, et n'endommagent pas le sol, les sources ou quoi que ce soit, assurant ainsi l'approvisionnement renouvelable de la faune et de la végétation et le maintien d'un environnement sain.

Si le nombre d’animaux dépasse la capacité renouvelable de l'environnement, ces animaux vont commencer à endommager les plantes, et à les manger au point où elles ne peuvent pas se régénérer entièrement. Quand la pluie arrivera, les troupeaux seront plus faibles, mais ils iront mieux que dès que la nourriture sera de nouveau abondante. Les animaux se reproduiront, le nombre en augmentera, ils essayeront de quitter la réserve, entrerant alors en compétition avec les agriculteurs voisins en détruisant leurs récoltes. Les agriculteurs essayeront de se débarrasser des animaux avec des pièges, du poison, tout ce qui est possible. Puis, la prochaine saison sèche arrivera et, comme il y aura encore plus d'animaux que l'année précédente, ce sera de pire en pire.

La pluie et la sécheresse ont des cycles et, de temps en temps, il ya de longues périodes particulièrement sèches. Les animaux mourront en grand nombre, parfois au point de disparaître, mais pas avant d'avoir arraché toute trace de nourriture qu'ils pourront obtenir, mangeant les plantes jusqu'à la racine - ou même y compris les racines, l'écorce des arbres, tout ce qui est possible pour essayer de ne pas mourir.

La conséquence est que la végétation sera irrémédiablement endommagée. Certaines espèces de plantes ne s'en remettront pas, et des plantes opportunistes prendront le relais. Quelques autres espèces animales, qui à leur tour dépendent de plantes endommagées ou d'animaux disparus, vont souffrir et peut-être disparaître aussi. Les pluies provoqueront de l'érosion et emporteront la couche fertile du sol dans de nombreux endroits.

Après quelques années, avec le retour de saisons et de pluies normales, les choses pourront sembler s'être rétablies, avec de l'herbe verte et de nombreux animaux présents à nouveau. Mais une étude minutieuse du terrain montrera que le nombre d'espèces végétales et animales a diminué, et que cette partie de l'environnement est dégradée. La bio-diversité a diminué et l'écosystème est plus fragile. Quelques cycles comme celui-là, et le paysage peut se transformer en un semi-désert.

Quand le nombre d’animaux est élevé, les prédateurs jouent un rôle très limité dans le contrôle des populations animales. Ils ne peuvent pas, et de loin, réguler une zone surpeuplée.

Ainsi, la nature n'est pas une gestionnaire, les lions ou les léopards ne sont pas à la hauteur de la tâche, et les singes ne font que des singeries...

La gestion de la faune et la gestion de la nature en général, sont notre responsabilité en tant qu'êtres humains, parce que nous ne pouvons pas échapper au fait que cette gestion est nécessaire et que nous sommes les seuls êtres vivants sur la planète qui peuvent faire ce travail.

En considérant ce qui précède, il devient évident que lorsque vous avez atteint le point où les animaux se multiplient dans un environnement favorable, le contrôle des populations animales est un casse-tête.

Il n'y a pas tellement de façons de contrôler le nombre d'animaux. Vous pouvez déplacer les animaux dans des zones où il en manque. C'est une opération difficile et coûteuse, et il y a de sérieuses limitations en termes du nombre que vous pouvez gérer, et de la distance que vous pouvez couvrir.

Ou alors, vous pouvez tuer des animaux.

Nous touchons ici à l'essentiel de la question.

Nous tuons tous les jours des millions d'animaux pour les manger ou pour utiliser leur peau, leurs os, ou toute autre partie dont nous pouvons avoir besoin. La plupart de ces animaux, nous les élevons dans le seul but de les tuer.

Quelle est la différence entre un bœuf et une antilope, quand vient le moment de mourir? Qu'est-ce qui nous donne des droits sur l'un et pas sur l'autre? Nous sommes des mangeurs de viande. Nous ne pouvons pas manger de la viande sans tuer.

Comme nous le montrons plus haut, en tant qu'êtres humains nous devons gérer le tout, que nous le voulions ou non. Parce que si nous ne nous convertissons pas en gestionnaires de la nature, personne d'autre ne le fera et tout le monde sera perdant - nous, les animaux, les plantes, et ceux qui viendront après nous.

Par conséquent, nous avons les mêmes droits sur tout animal vivant, que ce soit un mouton, une vache, un élan, un cerf ou un éléphant. Aucun argument ne peut être soutenu disant qu'il est fondamentalement juste de tuer un mouton, mais pas un cerf.

Mais nous avons aussi la même responsabilité à l'égard de chaque animal vivant. Si nous sommes responsables de trouver un pâturage pour les brebis et de prendre soin de leur santé tant qu'elles sont vivantes, nous ne pouvons pas dire que ce qui arrive au chevreuil ne nous regarde pas.

Si nous prenons soin de nos champs, nous devons prendre soin de nos forêts, de nos savanes, de nos prairies.

Lorsque nous réalisons que le fond de l'histoire est que nous sommes responsables de l'ensemble de notre environnement, il devient beaucoup plus facile de comprendre que la nature est une ressource.

Si nous ne la gérons pas correctement, si nous la gaspillons, nous courons à notre faillite - ce qui signifie que nous allons mourir de faim.

Si nous la traitons avec le même soin avec lequel nous traitons nos champs et nos troupeaux, nous prospérerons tous.

Le paradoxe est que, pour ne pas mourir, les animaux doivent mourir.

Une population animale en bonne santé, dans un bon environnement, augmente de 3% à 20% par an, pour la plupart des espèces. Il ne serait pas judicieux de tout simplement monter une opération chaque année et tuer des animaux par milliers, les laissant pourrir sur place, juste pour garder la situation sous contrôle.

C'est pourquoi, en Europe, les chasseurs font pleinement partie du système de gestion de la faune. Les populations animales sont soigneusement étudiées, comptées et suivies. Des quotas de chasse sont alors établis, afin que les populations demeurent à des niveaux compatibles avec la végétation disponible. Contrairement à la croyance populaire, les chasseurs ne sont pas les ennemis de la faune, mais souvent les écologistes les plus dévoués que vous pouvez rencontrer, et ont généralement une connaissance de la nature bien supérieure à celle de beaucoup de gens qui sont convaincus eux-mêmes d'être les amis des animaux.

Et ici nous arrivons à ce que plusieurs personnes ou groupes essaient de faire à travers l'Afrique.

En Afrique, certaines des populations humaines les plus pauvres vivent juste à la limite de nombreux Parcs Nationaux, Réserves Naturelles, ou Zones de Chasse.

Pourquoi est-ce-que les gens qui vivent autour des Parcs et des Réserves n'auraient pas le droit de toucher à quoi que ce soit, juste pour que des armées de touristes puissent prendre des photos d'animaux sauvages, alors que ces animaux font des razzias dans les shambas (fermes), détruisent des récoltes vitales, tuent le bétail, blessent et tuent des gens? Comment voulez-vous que les villageois ne braconnent PAS quand ils sont constammement à court de toute nécessité de base et que leur plus grand espoir de revenu du Parc est de pouvoir vendre une vieille calebasse à un touriste pour trois fois son prix?

La faune a été - et est - décimée dans toute l'Afrique, avec des collets, des pièges, du poison, des lances, des AK47, parfois uniquement pour l'appât du gain (rhinocéros), mais la plupart du temps simplement comme "viande de brousse". Parce que les gens n'ont aucun droit sur les animaux, sont pauvres, ont faim, et ne voient les animaux sauvages que comme des nuisances appartenant au gouvernement ou à d'étranges touristes venus de très loin.

Mais la faune est une ressource. La faune Africaine est une ressource Africaine. Elle est la ressource de la population locale, pas la ressource d'une vieille dame quelque part en Europe ou en Amérique, ni la ressource du ministre, ni celle de quelqu'un dans la capitale. Si les communautés locales profitent directement des bénéfices provenant de l'utilisation de la faune et de la nature, vous changez instantanément des milliers de braconniers en les meilleurs gardiens des animaux sauvages.

C'est ce à quoi nous travaillons. Parce que, à partir de là, nous pouvons établir une gestion durable de la faune. En donnant une valeur aux animaux, les populations sur les terres desquelles ils vivent deviennent "propriétaires" et, avec les conseils appropriés, elles commencent à gérer "leurs" ressources animalières de sorte qu'elles deviennent viables. Et dans le monde, il n'ya que ce qui a une valeur qui dure.